Projet AMANI KWETU II : De la cohésion sociale à l’autonomisation socio-économique des femmes
La deuxième phase du projet AMANI KWETU II. (Paix chez nous), financé par l’ONU Femmes, à travers WPHF (Fonds des femmes pour la paix et l’action humanitaire), a été officiellement lancée par les autorités locales de Beni le 5 février 2026. Elle s’inscrit dans la continuité directe de la Phase I, mise en œuvre entre avril et septembre 2024 par APROFEEC-RDC, et capitalise sur les enseignements tirés du contexte sécuritaire, social et humanitaire à Beni.
La Phase I du projet AMANI KWETU a principalement porté sur la promotion de la paix et de la cohésion sociale à travers l’organisation de tables rondes avec les notables locaux et des festivals communautaires. Ces espaces de dialogue ont permis d’identifier les principales causes des tensions à Beni, notamment les conflits tribaux, politiques, économiques, fonciers et de leadership. Les résultats ont montré la nécessité de renforcer la collaboration intercommunautaire, d’impliquer davantage les jeunes et les femmes dans les processus décisionnels, et de promouvoir des alternatives économiques comme levier de paix durable.
Dans le prolongement de cette première phase, une évaluation spécifique de la participation des femmes dans les organes de prise de décision à Beni a révélé une très faible représentation féminine, souvent comprise entre 0 et 30 %. Les barrières culturelles, la sous-estimation des capacités des femmes et le manque de compétences adaptées ont été identifiés comme des obstacles majeurs, appelant à des actions ciblées de renforcement des capacités et de plaidoyer.
La Phase II du projet AMANI KWETU répond directement à ces défis. Alignée sur le Plan d’Action National 1325 et l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité, elle contribue à la stratégie provinciale de stabilisation du Nord-Kivu. Cette phase met un accent particulier sur le relèvement socio-économique, l’autonomisation des femmes et des jeunes filles, ainsi que leur participation active aux processus politiques et communautaires de consolidation de la paix.
L’objectif global de cette deuxième phase est d’améliorer la résilience socio-économique et la participation politique des femmes et des jeunes femmes dans un contexte marqué par l’insécurité, les déplacements forcés et les violences basées sur le genre. Les stratégies mises en œuvre combinent campagnes de sensibilisation communautaire, plaidoyer, accompagnement économique et développement d’activités génératrices de revenus.
Concrètement, le projet vise à renforcer la cohésion sociale à Beni par des campagnes de sensibilisation portées par des femmes, touchant plus de 4 300 personnes, et contribue également à améliorer la participation des femmes aux instances décisionnelles à travers des enquêtes de référence, des ateliers de production de notes d’information et l’élaboration de plaidoyers adressés aux décideurs en particulière aux premières dames des pays des Grands Lacs.
Sur le plan socio-économique, la Phase II soutient 100 femmes, y compris des personnes déplacées internes, à travers des formations professionnelles, l’accompagnement à la création de petites entreprises, l’appui aux AGR en groupes et coopératives, ainsi que la mise en place de cinq AVEC comme mécanismes communautaires d’épargne et de crédit. Ces actions visent à renforcer les moyens de subsistance, réduire la dépendance économique et restaurer la dignité des femmes affectées par les conflits.
Une innovation majeure de cette phase réside dans le développement de solutions spécifiques pour les jeunes filles, notamment à travers la sélection de 50 bénéficiaires pour un programme structuré de coaching et de mentorat. Ce programme vise à améliorer leurs compétences personnelles et professionnelles, faciliter leur accès aux stages, à l’emploi et à l’entrepreneuriat, et renforcer leur confiance et leur leadership et mise en avant de leurs profils à travers une application spécifique pour ce programme.
Dans un contexte marqué par des attaques armées récurrentes, des déplacements massifs, une augmentation des violences basées sur le genre et des conditions de vie précaires pour les déplacés, le projet AMANI KWETU contribue de manière significative à la stabilisation sociale. Il renforce le pouvoir d’agir des femmes et des jeunes filles, favorise leur intégration dans les communautés d’accueil et participe à la construction d’une paix durable, inclusive et portée par les acteurs locaux.
À travers ce projet, APROFEEC-RDC, avec l’appui de partenaires comme UN WOMEN, réaffirme son engagement en faveur des femmes, des jeunes filles et des personnes déplacées internes, sous le slogan : ensemble nous faisons des exploits.








